Les poteaux : d’où viennent-ils?

On a tous déjà entendu parler de pépinières de sapins de Noël, mais existe-t-il des pépinières de poteaux électriques? Comme cette question nous est souvent posée, tant par des enfants que par des adultes, nous avons consulté nos experts.

L’utilisation de poteaux en bois remonte au milieu du 19e siècle. L’inventeur Samuel Morse fut le premier à en faire planter afin d’y fixer les fils reliés au système de télégraphe, après avoir tenté – en vain – d’enfouir les lignes dans le sol. M. Morse réussit alors à transmettre un message sur une distance de 40 milles, du Capitole à Washington D.C. jusqu’à Baltimore, au Maryland. Rapidement par la suite, des poteaux se mirent à « pousser » partout aux États-Unis continentaux et à travers le monde.

Au cours des décennies suivantes, les poteaux de services publics se répandirent et devinrent, finalement, une partie intégrante des réseaux téléphoniques et électriques. Mais d’où viennent-ils? Comment un arbre qui a poussé dans une forêt devient-il le support de lignes essentielles dans nos quartiers? Et qu’en est-il de ces poteaux plus hauts qui ne sont pas en bois?

Pour répondre à ces questions, nous nous sommes tournés vers nos experts en ingénierie. À Hydro Ottawa, nous privilégions des poteaux en bois du Canada, principalement du thuya géant et du pin rouge, quoique d’autres essences d’arbres propres à l’Amérique du Nord peuvent aussi être utilisées (dont le douglas vert et le pin des marais, mais ces derniers se retrouvent généralement au sud de la frontière). Par ailleurs, tous les arbres ne peuvent pas aspirer à devenir des poteaux. Pour être choisis, ils doivent avoir atteint un certain diamètre et la bonne hauteur, et être relativement droits. En fait, on estime que seulement 7 % des arbres répondent aux critères de sélection!

Après avoir été choisis, les arbres sont soumis à un processus qui les transforme en ces poteaux qu’on voit partout aujourd’hui dans la ville : ils sont séchés à l’air ou à la chaleur, et traités sous pression de sorte qu’ils puissent résister aux éléments – comme nos rigoureux hivers – avant d’être livrés à leur nouveau destin. Après leur installation, les poteaux en bois ont une durée de vie pouvant aller jusqu’à 40 ans. Cependant, ils risquent aussi d’être endommagés par différentes choses : la foudre, des termites et des pics-bois (vous pouvez en apprendre davantage sur les pics-bois et les poteaux dans un article de blogue antérieur). Pour cette raison, nous inspectons régulièrement nos poteaux, à des intervalles de 10 ans, afin d’évaluer les dommages et les réparer avant qu’ils n’occasionnent des pannes.

Après des années à remédier à des poteaux en bois endommagés – et pour répondre aux besoins en poteaux plus hauts et plus durables –, des poteaux en matériau composite ont commencé à être utilisés. Ceux-ci sont faits d’un amalgame spécial de fibre de verre, de résines et d’une protection contre les UV, ce qui les rend plus résistants, avec le temps, à la corrosion et aux dommages. Ils sont plus légers, plus durables et ont une vie utile considérablement plus longue que les poteaux en bois – deux fois plus longue pour être précis! Bien qu’ils ne soient pas toujours faciles à installer, les poteaux en composite comportent plusieurs autres avantages : ils sont fabriqués en sections et peuvent être assemblés lors de l’installation, ce qui signifie qu’ils sont plus faciles à transporter, conviennent mieux à des sols irréguliers ou accidentés et peuvent atteindre une taille plus élevée que la plupart des poteaux en bois. En raison de leur longévité, qui peut aller jusqu’à 80 ans, ils n’ont pas besoin d’être remplacés aussi souvent, quoique nous les inspections régulièrement pour nous assurer quand même de leur bon état.

Si vous êtes attentif en circulant en ville, vous remarquerez des poteaux en composite dans certains secteurs, par exemple le long de la rocade du chemin Innes et sur le chemin Hawthorne, où une ligne entière de 26 poteaux en bois a fait place à des poteaux en composite en 2017. Cette opération a nécessité 13 camions à double nacelle, trois camions-grues à mât articulé, deux grues de 90 tonnes et un camion à élingues . Gros projet!

Qu’ils soient en bois ou en composite, les poteaux sont essentiels pour transporter et distribuer l’électricité aux hôpitaux, aux écoles, aux habitations et aux entreprises de notre territoire de service. Et bien qu’il n’existe pas de pépinière comme telle pour les futurs poteaux en bois, bien des efforts sont consacrés à leur sélection, préparation, installation et entretien, et ce, au quotidien.

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