Vers un réseau d’électricité pancanadien intégré

Certains seront peut-être étonnés d’apprendre que le Canada ne dispose pas d’un seul et unique réseau d’électricité, mais plutôt d’une multitude de réseaux répartis à travers le pays.

L’infrastructure électrique du Canada est constituée de nombreux réseaux, chacun étant régi et réglementé par sa province ou son territoire respectif. Ces réseaux varient également sur le plan des systèmes et ressources qui servent à produire l’électricité. Pour mieux comprendre : certaines régions disposent d’immenses ressources d’eau – et donc d’hydroélectricité – tandis que d’autres doivent compter énormément sur l’énergie nucléaire ou sur le mazout et le gaz.

Image 01

En préparation : un réseau pancanadien

C’est un ambitieux projet (il va sans dire) : un réseau pancanadien qui raccorderait tous les réseaux indépendants du Canada afin de partager les ressources et l’électricité à travers le pays. Ce plan est sérieusement envisagé par le Canada, dont le gouvernement vise à disposer d’un réseau d’électricité à zéro émission nette d’ici 2035 et à atteindre la carboneutralité dans l’ensemble du pays d’ici 2050.

“« Une approche intégrée pour nos réseaux d’électricité permettrait aux provinces de bénéficier des différentes technologies et ressources des autres régions, de réduire les coûts et d’atteindre leurs objectifs climatiques, et ce, d’une manière abordable, résiliente, fiable et propre », indique Moe Kabarra, vice-président de L’Accélérateur de transition, un organisme sans but lucratif créé pour accélérer la transition vers une économie à faible carbone et pour faire progresser les avancées viables vers les objectifs climatiques du Canada pour 2050. Son initiative Électrifier le Canada est centrée sur l’électrification généralisée.

En étroite collaboration avec Ressources naturelles Canada, l’initiative Électrifier le Canada a déjà réuni un groupe diversifié de parties prenantes, notamment des organismes
gouvernementaux, des groupes autochtones ainsi que des représentants de l’industrie, du
marché du travail et de la société civile, dans le but d’élaborer une feuille de route pour
l’électrification du Canada.

Selon Moe Kabarra, la feuille de route sera déployée en parallèle avec le Conseil consultatif de l’électricité, récemment lancé par le gouvernement fédéral, et présentera des recommandations visant à créer un réseau d’électricité pancanadien. Également au programme : détermination de l’infrastructure nécessaire, modifications requises en matière de réglementation et de politiques, et investissements essentiels pour réaliser le tout.

Image 01

Mais d’abord, l’attention porte sur 2035 et sur l’électricité carboneutre

Bien que les avantages d’un réseau d’électricité pancanadien soient nombreux, Moe Kabbara
estime que la concrétisation d’un système électrique carboneutre d’ici 2035 ne dépend pas de l’intégration complète du réseau au pays.

La décarbonation de l’entièreté du secteur de l’électricité au Canada exigera une profonde
transformation des modes de production et de distribution de l’électricité afin d’éliminer les émissions de gaz à effet de serre. Heureusement, le Canada compte parmi les plus grands
producteurs d’énergie éolienne et solaire au monde
. « On commence par la finalité, en sachant qu’il nous faut un réseau d’électricité abordable, fiable et propre, puis on travaille en revenant sur nos pas pour nous assurer d’y parvenir », explique Moe Kabarra. « L’électrification, au fond, consiste à s’éloigner des technologies qui utilisent des combustibles fossiles, comme le charbon, le mazout et le gaz naturel, et à passer aux technologies qui recourent à l’électricité comme forme d’énergie. »

Des études indiquent invariablement que la « nouvelle » électricité proviendra en majorité de sources éoliennes et solaires, car il s’agit des options les moins coûteuses pour produire de nouvelles quantités d’électricité dans notre monde aujourd’hui.

L’Institut climatique du Canada est d’accord. Dans son rapport intitulé Plus grands, plus propres et plus intelligents : rapport sur les trajectoires techniques, l’Institut précise ceci : « Sur la voie de la carboneutralité, la part de l’énergie renouvelable variable dans l’approvisionnement en électricité devra augmenter dans chaque région du Canada, ce qui en fait l’une des valeurs sûres les plus importantes quant à la transformation des systèmes électriques. Ce rôle essentiel découle de la diminution rapide et continue du coût de l’énergie renouvelable variable, et en particulier de l’énergie solaire photovoltaïque et de l’éolien. De 2010 à 2019, le coût moyen de l’énergie solaire photovoltaïque a chuté de 82 %, tandis que les coûts de l’éolien terrestre et maritime ont baissé de 40 % et de 29 % respectivement. »

Image 01

« D’un point de vue canadien, on veut être en mesure de participer et de bénéficier de tous les avantages économiques qui découlent de cela, pour être un véritable chef de file mondial », ajoute Moe Kabbara. « Et on a réellement cette opportunité, parce qu’on a accès à la technologie et au développement de la propriété intellectuelle; on a l’avantage de l’électricité. »

D’ailleurs, étant donné que le secteur de l’électricité du Canada est déjà exempt d’émissions à plus de 80 %, notre avantage sur le plan de l’électricité propre attire plus d’entreprises manufacturières et de compagnies privées. Grâce à l’approvisionnement propre du Canada, les entreprises peuvent également atteindre leurs propres cibles de réduction des gaz à effet de serre. Il suffit de lire les récentes annonces de certains constructeurs automobiles : Volkswagen investit dans sa première usine de fabrication de batteries en Ontario et Ford prépare son usine d’Oakville pour la construction des VE de prochaine génération – une transformation de 1,8 milliard de dollars. Pour sa part, le fabricant de pièces automobiles Magna International investit plusieurs millions de dollars en Ontario.

Ici, dans la capitale nationale, Hydro Ottawa est le plus grand producteur d’énergie verte
appartenant à une municipalité dans la province, produisant 131 mégawatts d’énergie propre au moyen de nos installations hydroélectriques, solaires et de transformation de biomasse. C’est suffisamment d’électricité pour alimenter 110 000 habitations par année (ou un tiers de nos clients). Et en 2021, nous avons déclaré que nous serons la première entreprise d’électricité appartenant à une municipalité au Canada à rendre ses activités carboneutres d’ici 2030.

Pour en apprendre davantage sur notre entretien avec Moe Kabbara et sur ses réflexions
relativement à l’avenir électrifié du Canada, un réseau pancanadien et plus encore, écoutez cet épisode du balado ThinkEnergy (diffusé en anglais seulement).

Was this page useful container
Hidden Group

Nous aimerions connaître votre avis

text and star group
Vos commentaires
Close